Le syndrome général d’adaptation au stress (SGA)
L’endocrinologue Hans Selye est le premier médecin à parler de stress et de ses conséquences sur les organismes vivants. Il affirme que la réponse de l’organisme au stress, qu’il appelle le syndrome général d’adaptation (SGA), est largement due à la fonction du système nerveux et peut, à son tour, provoquer des changements importants dans ce dernier (Selye & Fortier 1950).
Le syndrome général d’adaptation suit un schéma observé de trois étapes distinctes : réaction d’alarme, résistance et épuisement (Selye 1950).
La réaction d’alarme est la réaction normale de l’organisme face au stress. C’est l’exemple classique de la rencontre entre un humain et un lion et la réaction de survie ou de fuite.
Le système sympathique se met en alerte avec une sécrétion de l’hormone « du stress » : le cortisol.
Le rôle du cortisol dans le stress ?
Rendre plus performant l’individu pour réagir efficacement face à ce stress et éviter de se faire manger par le lion : les pupilles vont se dilater pour que l’on voit mieux, notre rythme cardiaque va s’accélérer pour mieux pouvoir fuir rapidement…
Le cerveau humain est sensible à l’influence du cortisol dès le début de la vie. Le cortisol est capable de traverser la barrière placentaire et, en excès, d’exercer un effet négatif sur le fœtus en développement. Cela peut nuire aux capacités cognitives du nourrisson (Davis & Sandman, 2010).
En général ce stress est ponctuel, ce qui permet à l’organisme de revenir dès la fin de l’épisode stressant en un mode de fonctionnement normal.
Si le stress ne s’arrête pas, le corps va rentrer dans une phase dite de résistance. Le niveau de cortisol va augmenter dans l’organisme, ce qui va solliciter de façon prolongée les glandes surrénales et ainsi tout l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien. Peu de symptômes cliniques sont observables pendant cette phase.
Puis, enfin, après une exposition prolongée face au stress, l’organisme va se mettre à fonctionner au ralenti. Les glandes surrénales ne fonctionnent plus efficacement, engendrant un désordre métabolique. Les conséquences sont multiples. Le système immunitaire devient déficitaire, le système nerveux envoie des informations erronées à l’origine de douleurs multiples…
Reconnaitre les symptômes du syndrome général d’adaptation au stress
Lorsque l’individu se retrouve dans une situation de stress qui se maintient, et juste avant la phase de résistance, il va ressentir un certain nombre de symptômes. Parmi les plus courants, se trouvent la sensation importante de fatigue, des difficultés à trouver le sommeil, ou à se réveiller le matin. Le second concerne les symptômes digestifs. Ils peuvent être plus ou moins forts mais sont très souvent présents, à type de ballonnements, de transit long et saccadés… Parfois l’individu peut ressentir des sensations de vertiges, ou des chutes de tension en se redressant de la position allongée ou assise. Le diagnostic le plus commun est celui de burnout, qui regroupe le plus souvent l’intégralité de ces maux.
Lorsque la fonction de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPA) s’altère du fait du stress prolongé, il va influencer le système nerveux de l’individu. Par exemple, des expériences négatives vécues pendant l’enfance ou l’adolescence peuvent prédisposer un individu à développer un HPA altéré (McBeth et al, 2007), perpétuant ainsi un état de dysfonctionnement somato-autonomique.
Plus précisément, l’altération de l’HPA va modifier la perception du cerveau sur les sensations centrales qu’il reçoit de son propre corps (Baron et al, 2013).
Les conséquences possibles d’un stress prolongé
Le stress prolongé imposé à un individu entraine une augmentation des cellules inflammatoires, stimulant la corne dorsale de la moelle épinière. Cela aboutit à une sensibilisation des nerfs non nociceptifs. Cette sensibilisation est due à l’augmentation des niveaux de neuropeptides qui s’accumulent en raison de la fluctuation des niveaux de cortisol due au dysfonctionnement de l’axe HPA.
Enfin, lorsque l’organisme ne parvient plus à gérer les sécrétions de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, la phase d’épuisement se met en marche. Souvent peu prise en considération, cette phase est très difficile à vivre pour les patients. En effet, de très nombreux symptômes peuvent apparaître, simultanément ou non.
Le système immunitaire est généralement le premier à dysfonctionner. Il devient déficient, engendrant des maladies dont il peut être difficile de se débarrasser, ou qui reviennent de façon répétée, telles des rhumes, des rhinites, des bronchites…
Des symptômes cutanés y sont souvent associés, comme des problèmes de peau, d’ongles, ainsi que de cheveux, qui peuvent plus facilement tomber.
Comme le cerveau reçoit un message erroné ascendant du fait de la sensibilisation de nerfs non nociceptifs, de nombreuses douleurs peuvent apparaître. Elles sont bien réelles et perçues comme telles par le patient, mais semblent être décorrélées d’une réalité clinique. Il s’agit par exemple d’une tendinite chronique du coude, alors que la personne ne s’en sert quasiment jamais, ou d’une tendinite du fascia plantaire, alors que la personne ne marche pas plus qu’auparavant.
Même si la moyenne d’âge des individus concernés par le SGA se situe entre 35 et 55 ans, tout le monde aujourd’hui peut être concerné par cette réaction métabolique d’adaptation face au stress.
Votre Chiropracteur peut vous aider à déceler un SGA et vous donner des clés pour en venir à bout.